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Au commencement de l'aventure humaine vers le salut élaboré par Dieu lui-même, il y eut un homme: Abram. « Va! » (Genèse.11;1) tel fut l'ordre reçu par ce chaldéen descendant d'Héber. Et sans savoir où il allait, Abram se mit en marche (Hébreux.11;8) vers un pays qui lui serait montré beaucoup plus tard (Genèse.12;1). Une fois arrivé au pays qui entre-temps lui a été indiqué, l'Eternel s'adressera de nouveau (24 ans après exactement) à Abram pour lui dire: « Marche devant ma face, et sois intègre » (Genèse.17;1). Ces deux injonctions de l'Eternel à avancer, très différentes quant à leurs objectifs, montrent par leurs différences mêmes, à quel point la marche est la condition normale du croyant selon le cœur de Dieu. Tous les hommes qui ont été importants en modèle de foi et d'œuvres découlant de leur foi ont été des hommes itinérants physiquement et/ou spirituellement.
Hénoc marcha avec Dieu puis il ne fut plus, parce que Dieu le prit (Genèse.5;24) ayant reçu avant son enlèvement le témoignage qu'il était agréable à Dieu (Hébreux.11;5). Après Hénoc, Noé lui aussi trouva grâce aux yeux de l'Eternel, car cet homme juste et intègre dans son temps marchait avec Dieu (Genèse.6;8,9). Cette marche dont l'objectif est de nous rapprocher de l'image divine est clairement définie par le prophète Michée: « on t'a fait connaître, ô homme, ce qui est bien; et ce que l'Eternel demande de toi, c'est que tu pratiques la justice, que tu aimes la miséricorde, et que tu marches humblement avec ton Dieu. »(Michée.6;8).
Environ 18 siècles après l'ordre donné à Abram de passer de la rive orientale de l'Euphrate sur sa rive occidentale, provoquant le premier changement d'identité du « père de la foi » (Romains.4;16,17), qui dès lors devint hébreu, c'est-à-dire celui « qui vient de l'autre côté », « qui traverse » (il y aura une deuxième mutation d'identité avec le changement du nom Abram en celui d'Abraham), Jésus dira à ses disciples « Passons à l'autre bord » (Marc.4;35). Depuis maintenant 2000 ans cette invitation est toujours adressée à chaque homme, à chaque femme. Sans doute l'étendue à traverser n'est plus l'Euphrate ou la mer des Joncs, le Jourdain ou le lac de Tibériade, mais celle de la vie, ce long fleuve pas du tout tranquille. Cette marche vers la rédemption de l'humanité et le royaume de Dieu revient à plusieurs reprises dans la Bible : « Le sentier des justes est comme la lumière resplendissante, dont l'éclat va croissant jusqu'au milieu du jour ». (Proverbes.4;18); « Maison de Jacob, venez et marchons à la lumière de l'Eternel ». (Esaïe.2;5); « La lumière est encore pour un peu de temps au milieu de vous. Marchez pendant que vous avez la lumière, afin que les ténèbres ne vous surprennent point: celui qui marche dans les ténèbres ne sait où il va ».(Jean.12;35).
Ceux des Nations qui ont favorablement répondu à l'invitation de Jésus, ont rejoint la descendance d'Abraham (Romains.11;12) pour former cette glorieuse cohorte d'hébreux en route vers la cité céleste qui a de solides fondements, celle dont Dieu est l'architecte et le constructeur (Hébreux.11;10) pourvu que les uns (Israël) et les autres (ceux qui sont greffés) n'abandonnent pas leur assurance à laquelle est attachée une grande rémunération (Hébreux.10;35) et rejetant la tentation de regarder en arrière courent vers le but, pour remporter le prix de la vocation céleste en Jésus-Christ (Philippiens 3;13,14).
Pour les croyants en Jésus tant d'Israël que des Nations, les deux modalités de la marche pour n'être pas identiques n'en sont pas moins simultanées: « Vous savez aussi que nous avons été pour chacun de vous, ce qu'un père est pour ses enfants, vous exhortant, vous consolant, vous conjurant de marcher d'une manière digne de Dieu, qui vous appelle à son royaume et à sa gloire ». (1 Thessaloniciens.2;11,12).
MJ
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